samedi 12 janvier 2013

CAP SUR BREMERHAVEN

CAP SUR BREMERHAVEN !


Il y a déjà foule en passerelle, président, directeur, président directeur, commandant, first pilote, sénateur, ou ship lover… Nous sommes le lendemain d’hier, oui c’est bien ça, nous sommes vendredi 14 décembre 2012. Il est 8h30, le grand Maco Polo fait route au 100 à la vitesse de 11,5 nœuds. Depuis mon sabord j’ai admiré sans réagir, rêveuse, flegmatique, le grand Edith Maersk que nous croisons. Il est le sister ship du Emma Maersk, et en le voyant sortir de la brume, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que c’était un grand navire. Deux géants des mers qui se croisent c’est exceptionnel.






 Porte containers Edith Maersk. Construit en 2007. Il navigue sous pavillon danois, il peut transporter 1550 EVP, son  N° IMO est 9321548. L'Edith Maersk est également un géant des mers!


Il y a déjà foule en passerelle, président, directeur, président directeur, commandant, first pilote, sénateur, ou ship lover…J’ai donc rendez-vous : à Marseille pour l’expo CMA CGM avec Emanuel, à Hambourg en haut d’un portique de HHLA au terminal Burdchardquai (Pff ! mais je connais ce quai!), au terminal d’en face, Eurogate, ou dans le port de Bremerhaven.



 de gauche à droite: Emanuel SCHIFFER (Eurogate), Reinhard PESCHEL (CMA CGM Germany),
 Hans HEINRICH (WSV)  Stefan BEHN (HHLA)


Captain Andreas MAI (Freie Hansestadt Bremen), Reinhard PESCHEL (CMA CGM Germany)

Hans débarque (j’adore ce prénom), il doit retourner à Kiel, dommage, je serais bien allée en Baltique rendre visite à ma cousine, la petite sirène de Copenhague, Stefan m’a offert son magnifique calendrier et a failli m’étouffer en me disant au revoir, Reinhard sera à Marseille la semaine prochaine au siège, Emanuel me regarde bizarrement, et Andreas est resté à Bremerhaven. 


Approche du terminal



A 11h30, le grand Marco Polo sera accosté au quai le plus long d’Europe, cinq kilomètres, c’est le quai Stromkaje, au poste 1310/1710, par 53° 34,6607’ Nord et 8° 32,1410’ Est. Il est si long qu'il disparaît dans la brume.


Les cavaliers sont prêts à en découdre, ils patientent sur le quai humide, gris et froid. L’attente irrite les portiques de MSC, le grutier déjà confiné dans l’habitacle transparent de sa cabine. Les flèches s’abaissent lentement et se positionnent au dessus de la pontée, les câbles s’étirent, moi aussi, le travail de titan est amorcé...


Captain Igor SIKIC, Captain Andreas MAI

Andreas me dit qu’à 13h il y aura une cérémonie improvisée, qu’il remettra la plaque du port de Bremerhaven au commandant Sikic… La cérémonie a eu lieu, beaucoup de monde en passerelle, je passe entre le carreau et le mastic. Cpt SIKIC est en uniforme, quatre barrettes surmontées de l’œil de Nelson, il me décoche un clin d’œil, whaou! Je réponds, remise de plaque en bonne et due forme, et remise d’une immense photo du quai avec le MP accosté sur ce quai long comme un jour sans fin.



                          

Rompre l'ennui? Jamais! C'est au travers d'un des sabords que le spectacle se joue, et il vaut mieux qu'une sieste. Les containers dansent au dessus de la pontée, aériens, légers. D'où va surgir le prochain? J'attends, je scrute, je guette, les moindres mouvements de câbles, je trépigne d'impatience, prise dans ce jeu sur fond de bande originale du film The Mask, musique pleine de vie qui accompagne ce ballet improbable!



Les petites lumières de la nuit sur le pont trempé deviennent un sujet de choix dans l'objectif.


Sous les portiques, là-bas, c'est le Marco Polo, le bord me happe.

Le parc automobile du port de Bremerhaven  est immense, avec un trafic roulier en plein essor.  
Les Roro (Roll on/Roll off) à poste sont nombreux, j'en reconnais quelques uns...Petit tour en ville, puis au Seamen's Club avant de rentrer. Il n'est que 16h30,  la luminosité si particulière des ports du Nord en hiver oppresse un peu. Un couvercle très bas de grisaille semble tout envelopper, et c'est inéluctable.




Rejoindre le bord quand on est en escale, c'est "revenir à la maison", "rentrer chez soi",  c'est rassurant, toujours, et c'est très agréable!



Rompre l'ennui? Jamais! C'est au travers des larges vitres de la passerelle que le spectacle se joue. Dans le flou de l'eau qui dégouline, dans les lumières glauques du port, la manutention des containers continue inlassablement, le spreader en saisit un ou deux à la fois. Se délecter simplement de la musique de la pluie qui rebondit sur le pont, de la neige glaciale, au chaud et dans le calme de la passerelle,  protégée, abritée, calfeutrée, dans ce lieu que j'affectionne tellement.