mardi 1 octobre 2013

A BORD DU CMA CGM JULES VERNE




J’avais appareillé de Kuala Lumpur à bord du porte-conteneurs Jules Verne, le plus gros du monde,  navire amiral flambant neuf de la compagnie CMA CGM qui écumera les mers du monde sous pavillon français. Son port d'attache, Marseille, est écrit en grand sur la poupe. Mon Jules avait pris du retard pour cause de cyclone en Chine.
 
 
 Au matin du 8 août 2013 à 11h35 précisément, j'allais monter les 80 marches de la coupée vertigineuse. J'avais rallié le Jules en Malaisie, à Port Kelang. 

 

 
 
Il m'attendait au West Port Terminal amarré tribord à quai au poste 18 par 2° 55,4159’ de latitude Nord et 101° 17,2711’ de longitude Est.
 
 
 
Il fallait compléter mon travail sur les titans de CMA CGM qui opèrent sur la French Asia Line. J'avais savouré la tournée du Nord en plein hiver et sous la neige à bord du Marco Polo, là mon armateur m'avait proposé la Malaisie, mon éditeur envisageait un beau livre et moi j'avais très vite compris qu'il fallait me réconcilier avec les aéroplanes, réviser Notre Père et  Je vous salue Marie, et me résoudre à embarquer pour ce vol long courrier, le premier de ma vie !
 
C’est OUI ! Sac à bord à Port Kelang! Je pose mon vomitoire en passerelle pour écrire la suite, pour parler de la vie embarquée des marins, dessiner, écrire, photographier, mais surtout partager.










 
 

 







 
 
 
Partager les quarts à la passerelle la nuit ou au point du jour, le labeur à la machine dans la chaleur écrasante, le bruit, la technologie, se faire discrète pendant le nettoyage des ponts, partager les repas, les levers et couchers du soleil, les briefings importants ou les petites réunions, les exercices majeurs de sécurité, les complicités  ou les distances, les préoccupations des uns ou les satisfactions des autres, les responsabilités du commandant, les karaokés endiablés, là il n'y a plus de commandant, de second capitaine, de chef de bosco ou de matelot, tout le monde chante, partager l'invisible, partager les silences, et partager la Mer, la Mer toujours recommencée, la Mer porteuse de rêves.
 





 
 



Les pages du carnet sont écrites,




Ainsi va le bord...